Boite à Images 2026 - Exposition photo
Dernière mise à jour : il y a 4 jours
Après les expositions de Christian Guyomarch, photographe parisien travaillant avec bonheur le platine-palladium, cette année nous vous invitons à découvrir les tirages de Gérard Köhler, photographe de la région Lavalloise, qui explore à son tour les techniques photographiques anciennes.
Photographiant à la chambre, il privilégie une approche lente et réfléchie de l’image. Chaque prise de vue devient un temps d’observation, loin de l’instantanéité de la photographie numérique. Ses images, à l’atmosphère intime et parfois hors du temps, semblent faire ressurgir des fragments de mémoire et nous ramener vers un passé proche ou imaginé.En effet, son travail s’inscrit dans une recherche intime autour de la mémoire et du temps.
Les procédés anciens de tirage prolongent cette relation particulière à l’image.
À travers le cyanotype, le Van Dyke et le ferroblend, il retrouve une photographie plus artisanale, où l’image n’est plus seulement une reproduction mais devient également un objet, avec sa matière, ses nuances et sa part de fragilité.
Le cyanotype se reconnaît à ses nuances de bleu profond, obtenues grâce à un procédé photosensible à base de sels de fer. Le Van Dyke, inspiré des procédés historiques à base de sels d’argent et de fer, produit des images aux tonalités brunes, chaudes et profondes, évoquant naturellement les photographies d’autrefois. Ces procédés, réalisés manuellement, donnent à chaque tirage une présence et des variations qui lui sont propres.
Dans les photographies de Gérard Köhler, ces techniques anciennes ne sont pas de simples effets esthétiques. Elles participent pleinement à une approche intimiste et contemplative, comme si le choix du procédé permettait de retrouver quelque chose du temps disparu. Le photographe ne cherche pas seulement à reproduire le passé : il en retrouve le rythme, la matière et la fragilité. Ses photographies proposent ainsi une expérience intime, une invitation à ralentir et à regarder autrement — comme si chaque image conservait la trace d’un souvenir.

Voici sa biographie photographique :
"j’ai attrapé le virus de la photographie à l’age de 7 ans lorsque l’on m’a « offert » un appareil photo Kodak Brownie, qui présentait une fuite de lumière importante suite à un choc. Les images étaient déplorables mais, au grand dam du photographe de quartier, j’étais émerveillé par les clichés que cet appareil produisait. Rapidement j’ai pu acquérir du matériel plus adapté et dès le collège je me suis inscrit au club photo où j’ai découvert le laboratoire argentique. Cependant j’ai du limiter cette activité en raison des études prenantes, puis un métier passionnant conjointement à une vie de famille pleine. L’arrivée du numérique au début des années 2000 m’a poussé à renouer avec cette passion, mais insidieusement la frustration de ne pouvoir mettre la main dans le cambouis, de ne pouvoir traduire pleinement mes sentiments, s’est installée. A l’approche de la retraite je suis donc revenu à mes premières amours, et j’ai repris une activité photographique exclusivement argentique en utilisant une chambre photographique. Je ne travaille qu’en monochrome (noir et blanc argentique, cyanotype, vandyke, papier salé …) car la couleur me semble distraire l’attention du propos photographique, de la structure des choses montrées.
Mon travail porte essentiellement sur la mémoire, sur la sensation de ce qui fut, sur la nostalgie. Il raconte mon enfance, ma liberté passée où je parcourrais seul les grandes forêt de mon village."

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